Précarité étudiante à l’UNIL : Étudier, c’est renoncer

Ce printemps, la FAE a lancé l’enquête « réalité étudiante ». Logement, réussite académique, précarité économique et conciliation travail-études : cette enquête vise à mieux comprendre les enjeux de la vie étudiante à l’Unil. 

Premiers chiffres disponibles 

L’enquête « réalité étudiante » s’appuie sur une méthodologie structurée, élaborée avec l’appui de FORS, afin de garantir la fiabilité et la pertinence des résultats. L’objectif est de recueillir des données concrètes permettant d’orienter les actions de la FAE et de défendre au mieux les intérêts des étudiant·e·x·s. Le rapport final sera disponible en novembre. Nous souhaitons toutefois déjà dévoiler certains chiffres, qui donnent un premier aperçu de la réalité vécue par les étudiant·e·x·s. 

Précarité économique et renoncement par manque de ressources  

Ainsi, au cours de la dernière année, 37,3 % des répondant·e·x·s déclarent avoir déjà renoncé à des dépenses liées à l’alimentation et à l’hygiène, et 27,5 % à des soins médicaux. 36,5 % expliquent renoncer régulièrement à consommer dans les restaurants universitaires, alors même que la restauration sur le campus est censée constituer un dispositif permettant de garantir l’accès à un repas abordable. Enfin, 61,9 % déclarent devoir renoncer à des loisirs faute de moyens, ce qui peut les éloigner de la sociabilité, de l’engagement associatif et, plus largement, de la vie du campus. 

Absence critique de sécurité financière

Au cours de la dernière année, 46 % des répondant·e·x·s déclarent qu’une facture imprévue n’excédant pas 500.- les mettrait en difficulté financière (dont 12 % le seraient par une facture imprévue de 100.- CHF ou moins). On passe à 65,8 % des répondant·e·x·s pour une facture de 1’000 francs. Il s’agit pourtant de montants qui peuvent correspondre à des dépenses ordinaires dans la vie étudiante, comme une participation aux frais de santé, une caution d’appartement ou encore une taxe universitaire (CHF 580.-).  

Ces premiers résultats mettent en évidence une situation de précarité qui dépasse la seule question du budget quotidien : pour une part importante des étudiant·e·x·s, le manque de ressources limite directement l’accès à des besoins essentiels : alimentation, soins, loisirs et vie sociale.  

Dans un contexte de coupes budgétaires à l’université et à l’approche de la votation sur l’initiative 12%, nous appelons la population ainsi que les autorités politiques et universitaires à prendre conscience de l’étendue de la précarité dans la population étudiante, et à tout mettre en œuvre pour l’endiguer. 

On en parle dans la presse